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Vichy et la jeunesse du Gers 

De Gene viève Courtès-Bordes 
Editions Gascogne

Un nouvel opus de Geneviève Courtès-Bordes: après "Les enfants juifs à Lectoure" cette historienne qui a enseigné au lycée Maréchal Lannes de Lectoure et dont le mari, Georges Courtès, également enseignant, Conseiller Général et Président de la SAG (Société Archéologique, Historique, Littéraire et Scientifique du Gers), tous deux militants de la LICRA du Gers, poursuit son travail de Mémoire.

Avant la guerre, le Gers comptait moins de 200.000 habitants; c'est devenu une terre d'accueil pour près de 100.000 réfugiés.

70 ans après les faits, c'est un aspect peu connu, parfois dérangeantt, de l'occupation qui est retracé: les rapports entre le régime de Vichy et la jeunesse. Après la défaite de 1940, il fallait trouver des coupables et, pour que la France redevienne "propre", le meilleur moyen était de mobiliser et de rallier les mouvements de jeunesse pour la « révolution nationale ».

C'est une enquête minutieuse à laquelle s'est livrée l'auteure : archives, témoignages, qui nous conduit chez les scouts et guides de France, les éclaireurs, l'ACJF (Association Catholique de la Jeunesse Française), les Compagnons de France et les chantiers de jeunesse, révélant des points méconnus de la vie d'une jeunesse rurale, texte étayé de nombreuses photos d 'époque.

La rupture entre Vichy et les jeunes est consommée avec l'instauration du STO (Service du travail Obligatoire) en février 1943 : pour y échapper; beaucoup s'engageront dans  les maquis et seront les artisans de la libération du département le 20 août 1944, après la bataille de l'Isle-Jourdain.

Le grand mérite de Geneviève Courtès-Bordes, active militante pour la reconnaissance des Justes parmi les Nations, est de rappeler comment les jeunes se sont insurgés contre les ignominies de l'idéologie raciale et se sont impliqués dans la libération du pays: un atout majeur pour la Mémoire.