La conversion

Toute demande de conversion devra se faire obligatoirement par écrit, en adressant à la commission religieuse :
– une lettre de motivation
– Un acte de naissance de moins de 3 mois
– Une photo d’identité

Procédure :

Analyse de la lettre de motivation par la commission religieuse.
Entretien avec le candidat.
A l’issue de l’entretien et suivant les motivations du candidat, la commission religieuse donnera son accord pour l’accès aux cours.
Pour information, le début des cours premier niveau est fixé en octobre au centre communautaire

Pour le Judaïsme Libéral, il n’existe pas de conversion facile et la durée du processus demande plus ou moins de temps. Mais à la différence du Judaïsme Orthodoxe, la porte n’est jamais fermée, et c’est peut être à cause de cela qu’il est jugé plus facile d’accès : chacun est libre de participer aux offices, aux fêtes, aux évènements de la vie quotidienne, aux cours mais ce n’est pas pour cela que la conversion sera acquise.

Trois idées essentielles la définissent :

. De la volonté
. De la persévérance
. L’amour de la Loi

Dans un premier temps, chaque candidat doit rencontrer un Rabbin ou bien la commission religieuse afin d’exposer ses motivations et la sincérité de sa démarche. La personne sera alors invitée à réfléchir à la question essentielle : Dans quel but elle cherche à se convertir ?
Avant d’être acceptée ou rejetée, toute demande doit être étudiée avec attention car chaque démarche est digne d’intérêt quand elle est sincère. Elle dépend et découle souvent d’une histoire personnelle : famille avec des ascendants juifs, mariage.
Au cours de cet entretien, le moment le plus important sera de parler du contrat moral qui découlera obligatoirement du processus de conversion :
– d’une part la personne s’engage à assister aux offices, activités et cours et
– d’autre part la communauté s’engage par son représentant à encadrer, accompagner et assister la personne dans sa démarche.
Tout candidat doit être psychologiquement fort car il va être confronté à l’acceptation de son changement d’état, de sa mutation personnelle. En effet, il devra se faire accepter par la communauté mais également par son entourage privé et public qui sont certainement les plus difficiles à convaincre car il va se heurter à l’incompréhension des uns et à l’incrédibilité des autres, sans oublier l’antisémitisme auquel il va vite être confronté bien malgré lui.
Le candidat doit comprendre qu’il sera perçu de manière différente par les autres et qu’il rentre dans un processus plus ou moins long qu’il doit d’abord s’approprier personnellement.
C’est cela la véritable conversion : celle du cour qui demande un cheminement personnel car on touche l’ordre de l’intime.

Ce parcours s’accompagne de nombreuses remises en doute et le chemin est parsemé d’embuches. Les cours d’introduction à la pensée juive et de vie juive aident la personne et sont indispensables pour apprendre les gestes quotidiens. Car on ne vit pas la même manière, au même rythme lorsque l’on est Juif, la semaine étant réglée différemment.
Ensuite vient le moment où le candidat a toutes les cartes en main pour s’épanouir, assimiler et faire siennes les connaissances qu’il doit avoir acquises tout au long de son périple car les exigences sont bien supérieures à celles que l’on attendrait d’un « juif de naissance ». Ce n’est qu’a partir de là qu’il pourra se présenter devant le Beth Din. C’est quand la personne peut dire qu’elle est juive, qu’elle vit en tant que juive qu’elle se reconnait en tant que juive qu’elle est prête pour la conversion.
Le candidat aura préalablement été interrogé par écrit. Le Beth Din appréciera ses connaissances ainsi que son implication dans la communauté (lecture de l’hébreu, connaissance de la liturgie et du sens des prières). Il lui sera demandé d’être, comme le dit notre tradition, « Guer(a) Tsedek », c’est-à-dire prosélyte juste.
S’il s’agit d’un candidat, il doit impérativement être circoncis ; si toutefois il est déjà circoncis, une cérémonie, « Hataffat Dam Brit », « écoulement du sang de l’alliance » a lieu. Dans tous les cas, l’homme ou la femme doit s’immerger dans le « Mikvé », et choisir un nom biblique, signe de son entrée dans la communauté d’Israël.

Les actes de conversion pratiqués par les « Beth Din » des communautés non orthodoxes (libérales, réformées, conservatives…) ne sont pas reconnus par les autorités consistoriales en France. Toutefois, chaque prosélyte converti dans le cadre de ces communautés sera reconnu comme Juif par toutes les communautés non orthodoxes à travers le monde (ce qui représente la large majorité des communautés juives), et sera considéré comme Juif par l’Etat d’Israël, bénéficiant ainsi de la Loi du Retour qui autorise chaque Juif à pouvoir réaliser son « Alya ».
Dans tous les cas, le Judaïsme Libéral ne pratique pas de mariages mixtes. Les Rabbins libéraux ne marient que des juifs, qu’ils le soient par naissance ou bien par conversion. Par contre, il accueille les couples mixtes et reconnait la patrilinéarité pour les enfants élevés dans le Judaïsme et accepte les conversions en vue d’un mariage. Cela permet la transmission d’une tradition, d’une religion et d’une identité. Face à un taux croissant et à terme dangereux de mixité et d’assimilation, en ne permettant pas au conjoint non juif d’entrer dans le Judaïsme, on « perd » bien souvent le conjoint juif et ses enfants et donc des coreligionnaires.
En acceptant ce type de conversion jugée inacceptable par les autorités rabbiniques orthodoxes sous couvert d’intérêt, le Judaïsme Libéral agit dans l’esprit du Talmud dans lequel il est écrit : « Le Saint Béni Soit-il a dispersé Israël au milieu des peuples, afin d’en accroître son nombre avec les prosélytes »
Le message du Judaïsme est universel. Le Tanakh, la littérature et la liturgie révèlent l’espoir que tous les peuples de la terre reconnaîtront dans le futur, le Dieu d’Israël. On le voit, les interprétations des textes sont différentes suivant les courants et cela depuis toujours. Au cours des siècles plusieurs écoles se sont affrontées à l’image des célèbres Hillel et Chamaï, deux grands maîtres du Talmud que tout oppose. Leurs controverses sont célèbres et elles illustrent à merveille la culture de débat d’idées propre au Judaïsme.

Le Judaïsme Libéral veut promouvoir un Judaïsme soucieux d’allier tradition et modernité afin de le transmettre avec bienveillance et sobriété à travers une pédagogie créative. Il fait souvent preuve d’audace dans l’interprétation des textes bibliques tout en s’adaptant à la capacité d’écoute et au rythme de chacun, en initiant l’idée de « comprends et tu feras . » et non le contraire.

Une démarche de conversion s’inscrit dans un processus individuel et collectif qui implique des devoirs et des actes que chaque candidat doit obligatoirement accomplir pour prouver sa volonté d’appartenir au peuple juif. Des examens écrits réguliers, permettront d’évaluer le degré de connaissance et de pratique de chacun.

Lorsqu’il sera jugé prêt, le candidat sera présenté devant un jury composé de trois rabbins. Si cette étape est concluante, une date sera fixée pour l’immersion rituelle dans le Mikvé.

Pour plus de renseignements…
Nous téléphoner au … 05 61 61 57 56... ou nous écrire à : accueil-conversion@ajlt.com